dimanche 20 mai 2018

Nouvelles 2018, #1

What's up 2018 ?


Bonsoir à tous et à toutes !

Ça fait à peu près un demi-siècle que vous ne m'avez pas vu dans les parages, (dernier article par ici) et pour cause ! En ce moment, ma vie, c'est un peu du grand n'importe quoi : je passe beaucoup de temps sur mon C.R.P.E. (je passe les oraux bientôt) et si tout se passe bien, le 19 juin, je décroche la palme tant attendue.

Mais il s'est quand même passé plein de choses : j''ai pu tirer un trait sur des moments pas cool de ma vie, comprendre des choses et surtout, faire la paix avec moi-même sur quelques points. J'ai également pu discuter avec ma directrice de mémoire sur le fait que le master professionnalisant devait passer avant la fin de mon master de recherches, et ça tombe très bien car le format ne me convient pas et, à terme, j'aimerai le recommencer. J'adorerai écrire quelque chose qui aurait la forme de l'article que je vous ai pondu sur Méduse (ici bande de coquinous), sur différents mythes et romans autour de mon thème principal. Bien entendu, sûrement moins familier mais tout aussi léger. Affaire à suivre !

Au niveau du blog, je compte bien revenir avec un article au moins tous les dimanches, (et pendant les vacances, peut-être même un peu plus souvent héhé !) Mais pour le moment, je manquais véritablement d'inspiration. Restée parfois longtemps devant mon écran, à vouloir vous parler de mes lectures ou de mes visites sans y arriver... Ma liste d'articles à rédiger est longue comme le bras, mais je ne perds pas espoir ! Des remaniements vont être fait, une actualisation aussi, sûrement.

En attendant, je suis très active sur Twitter, où je ronchonne beaucoup, fangirlise pas mal, participe à des débats et fait des petits update lectures. En parlant de lectures, n'hésitez pas à aller jeter un œil à l'onglet mes lectures de 2018 en haut de la page. Petit spoiler, ma prochaine chronique sera sur les Contes Ordinaires d'une société résignée d'Ersin Karabulut.

Un grand merci à ceux qui continuent de me lire, je vous embrasse !
A très vite !

dimanche 15 avril 2018

344. CHRONIQUE : Petits albums pour grands lecteurs #2.

Petits albums pour grands lecteurs


Bonjour à tous,

Je vous retrouve dans le cadre de mon nouveau rendez-vous mensuel Petits albums pour grands lecteurs (février). Comme le mois dernier, je vous parle de 4 albums, pour différents âges. J'ai pris un grand plaisir à les lire et à vous en parler. Je garde le même système : une petite présentation, quelques mots-clef et un avis en quelques lignes. J'ai un peu de retard dans mes articles, mais les concours et la fac passent avant, vous le savez. Mais le voici le voilà, c'est parti !

Rappel : le cycle 1 regroupe les différentes années de maternelle, le cycle 2 du CP au CE2 et le cycle 3 du CM1 à la 6ème.


Le Festin de Raccoon, de Marianne Ratier, chez Marmaille & Compagnie (2014)

# cherche et trouve interactif, grand format, textures.
Dans cet album grand format, nous suivons Raccoon, un raton-laveur qui attendant que les Smith donnent leur grande fête annuelle pour se servir et tout manger ! L'auteur nous propose donc de le retrouver, au fil des pages, dans un dédale de plats, décomposés sur chaque page, avec de superbes dessins kaléidoscopiques. Il y a une véritable sensation de dessin artisanal pourrions-nous dire. Les parents peuvent se tenter à l'exercice, pas certain que tous y arrivent du premier coup ! 

Dès le cycle 1 


Le Gruffalo, de Julia Donaldson et Axel Scheffler chez L'heure des histoires de Gallimard(1999)

# imagination, intelligence, ruse.
Petite lecture VO de mon côté. On suit à travers les pages de ce court album une petite souris très maligne. A chaque fois qu'elle rencontre un prédateur, elle s'en sort avec aisance, comment ? Il suffira de lire ce livre ! Très sympathique, malin et accessible, Le Gruffalo a également fait l'objet de films d'animation que l'on peut facilement trouver en ligne. De quoi passer un bon moment en famille.

Dès le cycle 2


L'ours qui jouait du piano, de David Litchfield, chez Belin (Albums Jeunesse) (2016)

# coup de cœur, poésie, amitié.
L'un de mes coups de cœur de début d'année 2018, et je vous en parlais d'ailleurs sur Instagram. C'est un ouvrage poétique, puissant et très beau et juste, sur des thèmes qui me tiennent à cœur : l'amitié, la musique et la solitude surtout. Je me suis laissée renverser par un flot d'émotions en lisant ce très court livre, que je conseille à tout le monde, petits et grands. Entre suivre ses rêves et écouter son cœur, à travers de très belles illustrations, une réussite ! 

Dès le cycle 3


Anya et Tigre Blanc, de Fred Bernard et François Roca, chez Albin Michel (2015)

# coup de cœur, mythologique, graphique
Lecture album coup de coeur de 2017. Il faut savoir que Bernard et Roca sont, pour moi, des valeurs sûres. J'adore leurs histoires et leur style, à tous les deux. Anya et Tigre Blanc est un très grand format aux illustrations merveilleuses (il y a une double page dont vous ne sortez pas indemne), c'est fort, puissant, magnifique. Non sans rappeler une petite ambiance Game of Thrones, Anya est une jeune femme de caractère et d'importance. On serait volontaire pour quelques pages supplémentaires.

samedi 24 mars 2018

343. FEMINIBOOKS #2 : La figure de Méduse

La figure de Méduse à travers deux mythes

ou pourquoi la victime est toujours coupable aux yeux du monde

Statue du buste de Méduse, artiste inconnu
Buste de Méduse, si quelqu'un connait le nom de l'artiste,
je suis preneuse. Magnifique photographie trouvée ici.

Aujourd’hui je prends mon clavier pour vous écrire un peu, et pas de n’importe quoi ! Je vais vous parler du  Femini-Books, projet féministe créé par Ninon des Carnets d'Opalyne visant à présenter divers ouvrages et thèmes féministes, au travers du prisme de la littérature, et chaque jour, vous avez le droit à une vidéo et à un article, cétit pas beau, ça ?! Et je vais vous parler mythologie ! Certains passages de cet article seront fortement ironiques, j’espère que vous les reconnaîtrez.

Le nom de Méduse (aussi appelée Gorgo) vous dit certainement quelque chose, mais connaissez-vous vraiment le mythe qui l’entoure ? Elle est la fille de Phorcys et de sa soeur Céto, deux divinités marines. Outre le fait d’être donc née d’un inceste (vive la mythologie), Méduse a plusieurs soeurs, nommées Phorcydes, des monstres attachés à la mer, et parmis lesquels on peut retrouver les autres Gorgones, Echidna, Scylla, ou encore les Graies. C’est une femme magnifique, avec un physique et une chevelure à faire craquer les dieux… D’après de nombreux mythes, Méduse était prêtresse du temple d’Athéna. Tout aurait dû se passer pour le mieux pour elle, simple mortelle, mais c’était sans compter les dieux grecs qui viennent toujours tout compliquer. Et, pour une fois, ce n’est pas Zeus qui a fauté (pour le moment), mais Poséidon.

Poséidon, donc, s’est passionné pour Méduse, s’est métamorphosé (en oiseau ou en cheval selon les auteurs), est entré dans le temple d’Athéna et lorsque la prêtresse s’est approchée, il l’a violée. Athéna était folle de rage que l’on ait ainsi profané son temple, alors qu’a-t-elle fait, en digne déesse de la sagesse ? Elle s’est retournée vers celle au cœur de cette profanation, bien entendu : Méduse. Ses cheveux deviennent un nid de serpents et désormais, quiconque croisera son regard sera changé en pierre, et puis, tant qu’à faire, autant punir également ses soeurs Euryale et Sthéno qui elles, sont immortelles.

Ici, c’est bel est bien la victime du viol qui est punie pour cette double profanation, du temple d’un côté et du corps de Méduse de l’autre. La beauté de cette dernière est décrite comme étant la cause de cette possession divine, et son soi-disant outil de séduction, ses cheveux, lui sont retirés, c’est sa punition. Dans D'un millénaire à l'autre, Méduse, Jean-Louis Le Run écrit p. 49 qu'à travers sa figure « Les Grecs avaient imaginé une figure féminine monstrueuse ou ambiguë » et de nos jours, des recherches sont faites sur la puissance du féminin et le matriarcat à travers elle, autant vous dire que j’ai très envie de lire des essais qui en parle ! Nous reviendrons plus tard sur cette figure ambiguë.

Statue
Statue de Canova, 1801, Musée du Vatican.
Persée tenant la tête de Méduse



Peut-être que si vous connaissez Méduse, ce n’est pas pas à travers son propre mythe mais à travers celui de Persée, et pour cause, c’est lui qui l’a tuée. Eh bah, c’est parti, parlons de Persée ! Et attention, il y a beaucoup de personnages, il faut suivre, mais pour faire court :

Danaé est la fille du Roi d’Argos et d’Eurydice. Un jour, un oracle annonce au roi d’Argos que son petit-fils le tuera. Que nenni !, se dit le Roi, et hop, la Danaé finie emprisonnée dans une tour d’airain (de bronze quoi). Ah, une femme magnifique et abandonnée dans une tour, ça a de quoi séduire Zeus (même s’il faut dire que tout séduit Zeus) et voilà qu’il se transforme en pluie d’or. Oui oui, c’est bel et bien un viol. Le Roi découvre que quelque chose cloche et envoie à la mort son petit-fils et sa fille en les balançant dans les flots, enfermés dans un coffre. Imaginez, elle a osé être violée alors qu’elle avait été enfermée dans une tour, incroyable quand même ! Surtout que lorsque Danaé dit qu’elle a été prise par une pluie d’or (et donc très probablement un dieu), son père ne le croit pas. Nous pouvons de nouveau faire un parallèle avec une société où la parole de la victime n’est pas écoutée, et encore moins retenue. Ici, la victime se retrouve condamnée à mort, sa nourrice aussi, pour avoir fauté. La victime du viol n’est plus victime mais une nouvelle fois coupable, de mensonge et de tromperie.

Danaé et son fils Persée sont sauvés par Dyctis, un gentil pêcheur qui élève le gamin comme s’il était ton fils. Enfin quelqu’un de gentil direz-vous ! Mais voilà, Persée devient adulte et toute cette petite bande rencontre le frère du pêcheur, le roi Polydecte. Ce dernier se dit que la Danaé est bien à son goût et envoie Persée lui ramener la tête de Méduse, pour célébrer un mariage afin de se débarrasser de lui. Hermès et Athéna (encore elle), soutiennent la quête du jeune et futur héros, et après de nombreuses péripéties, il se retrouve face à Méduse et la décapite. Ni une ni deux, c’est fait.

Certains, comme Freud, lient cette décapitation à l’image de « la femme castratrice », parce que pétrifier les gens, ce n’est pas bien alors que le viol, c’est tellement courant, n’est-ce pas ? En bref, Méduse inspire la peur aux hommes. Dans certaines réécritures d’ailleurs, une femme peut croiser son regard sans être pétrifiée, mais je n’en ai qu’entendu parler. Jean-Louis Le Run, page 43, écrit que « depuis vingt-sept siècles, [Méduse] vient régulièrement hanter notre imaginaire avec « ses yeux qui tuent » », et, comme nous le disions, elle est fortement ambiguë. Méduse est symbole de vie et de mort, les deux étant intimement liés.

Symbole de mort car elle transforme instantanément en pierre quiconque croise son regard mais pas seulement, Asclépios récupère le sang de ses veines pour en faire du poison, alors que le sang de ses artères (ou l’inverse, je ne sais plus) devient un antidote, symbole de vie. Ce n’est pas le seul pouvoir de ce sang, rappel aux menstruation, à la puissance du sang de la femme et à la création. De son cou raccourcit, deux créatures prennent vie : Chrysaor, un jeune homme né avec un corps adulte de petite taille et Pégase, le cheval ailé. Par la mort, Méduse donne donc naissance aux fruits d’un viol qui l’aura maudite. Le premier est un peu mal-aimé mais tout le monde connaît le second, animal sage, créateur de la source Hippocrène (hippo, cheval) et donc symbole de la création et l’imagination jaillissante.

Tableau de Rubens
Méduse, tableau de Rubens,1618.
Nous en sommes à deux viols, et trois enfants qui en sont issus... Mais retournons voir Danae. Polydecte tente de l’épouser de force, et ne fait pas que ça, vous en doutez. Dictys sauve alors (à nouveau) la jeune femme, qui ne s’en sort qu’avec une tentative de viol (oh la chanceuse... - n’oubliez pas ce que j’ai dit sur l’ironie, hein-). A son retour, Persée, qui a été mis au courant, fait ce qu’il a déjà fait à pas mal de monde sur le chemin, il sort la tête de Méduse de son sac et paf ! Polydecte est pétrifié. Même à travers la mort, Méduse reste un symbole de mort et de peur pour les hommes, surtout avec quelqu’un comme Persée qui pétrifie tout le monde à tour de bras, mais c’est une autre histoire. Par la suite, des jeux furent proposés au peuple, festivités dûes à la mort du roi (ouhou, c’est la fête !) et Persée tue un homme, vous vous en doutez, c’est bien son grand-père. La boucle est bouclée, le fruit du crime réalise la prophétie, blabla, création du peuple Perse. Sa mère Danaé finira sa vie comme elle l’a commencée (si on peut dire) et finira emmurée vivante, double peine donc, après avoir passé sa vie comme créature attirant les hommes, les poussant presque à la violer, elle finit emmurée.

Sérieusement, à écouter les mythes, nous avons cette impression, encore prégnante aujourd’hui : l’image de la victime séductrice, Danaé représente le sol stérile (car enfermé) qui est fertilisée (littéralement) par la pluie salvatrice (ici, Zeus métamorphosé qui va la violer). La femme n’est entraperçue que par son potentiel de séduction et la prédisposition qu’elle aurait à enfanter, en parallèle d'une Méduse considérée uniquement pas sa sexualité (subie) et à la peur qu'elle provoquait par sa chevelure reptilienne et des yeux. Dans les deux cas, les femmes sont considérée comme coupables de leur destinée et non pas comme victimes, Méduse et ses sœurs sont devenues monstrueuses et Danaé a donné naissance à un héros mythologique.

Je vais m'arrêter là car mon article est déjà beaucoup trop long, si la thématique mythologique vous intéresse ou que vous souhaitez que j'aille au fond des choses en reprenant celui-ci, n'hésitez pas ! Il y a plein de sujets féministes et passionnants, de l'idée du voir et être vu, la symbolique du miroir, etc.



Je partage aujourd’hui l'antenne avec Jeannot se livre, et demain vous retrouverez Pilalire qui vous parlera d'une sélection de BD qui revisitent les grandes figures féminines des légendes et mythologies (autant vous dire que j'ai hâte de voir ça), Isabeau Bellevue avec Les Mémoires d'une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir.

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...